November 21

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Zone de confort

Écrire a toujours été une forme de thérapie pour moi. Face à un inconfort ou à une indécision, un cahier ligné et un bon stylo m’ont toujours aidé à éclaircir mon horizon, à faire la liste des avantages et des inconvénients (une bonne vieille méthode que m’a enseignée mon père), et à faire un choix avisé.

Toutefois, au cours des dernières semaines, j’ai été atteinte du syndrome de la page blanche.  Non pas que j’ai peu à raconter, c’est plutôt le contraire en fait. Mon esprit bouillonne de choses à dire et à partager, mais je ne sais pas trop par où commencer. C’est plutôt inconfortable et inhabituel pour moi.  Cela me rappelle le lointain moment où je complétais mes demandes d’admission à l’université: voulant apprendre plein de choses et rien en particulier, je m’étais mise en tête de m’inscrire en littérature française  – au grand désespoir de mon père – me disant que je pourrais à loisir combiner ma passion de la lecture et de l’écriture.  Je maîtrisais déjà le ‘’bullet journal’’ à l’adolescence!!!

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Le concept de blogue n’existait même pas à cette époque, il y a près de trente ans.  Je me demande si les écrivains et les auteurs ressentent souvent, cet inconfort, ce vide face à une page blanche : assis devant leur Mac (il me semble que les écrivains utilisent toujours un Mac), ou encore un bon crayon HB ou leur plume favorite (comme Douglas Kennedy) et un nouveau cahier, en se demandant où débuter, quel sera le fil conducteur, est-ce que les lecteurs seront captivés dès les premières pages?  J’espère que vous êtes toujours là….

Les premières semaines de mon ‘’PULSE’’ ont ressemblé à une mer calme en général mais parfois agitée : un peu comme une zone de turbulence qu’on traverse dès que nous sommes projetés en dehors d’une zone de confort. C’était certainement mon cas : quitter le Canada pour le Sénégal, et intégrer une nouvelle équipe dans une organisation complètement différente de GSK. Mais au cours des derniers mois, j’ai navigué paisiblement dans cette nouvelle zone de confort.  Je suis complètement immergée dans ma nouvelle – mais trop courte – vie au Sénégal.

Au fur et à mesure, une nouvelle routine s’est établie: me rendre au boulot, acheter mes fruits sur le même coin de rue, mes légumes d’une petite ferme BIO, explorer Dakar pour trouver de bons petits cafés, les meilleurs endroits pour acheter le WAX – ce tissu africain coloré – que je pourrai apporter à Aby, une couturière qui le transformera en serviettes de table, en housses de coussin, et même en quelques jupes que j’oserai porter au Canada.  Des moments merveilleux, bruyants, chauds, surprenants, éreintants parfois à force de tout négocier, de la vie à Dakar. Les marchés de Noël débutent et me laissent une drôle d’impression : faire du shopping de Noël à 32 degrés, sans neige, et surtout dans un pays où il y a tant de pauvreté.

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Mon travail chez PATH est de plus en plus fascinant: entre les rencontres au MSAS ou avec les parties prenantes afin de mobiliser ressources et expertise, et mon rôle de facilitateur entre tous les acteurs concernés par les maladies chroniques, chaque jour est une opportunité d’accroître mes connaissances de la culture africaine, et d’apprécier et comprendre les différences et les similitudes entre les cultures et entre les organisations.

Mes collègue Ulrich, Ida, Rima – une volontaire PULSE de GSK Liban qui s’est jointe à nous à la mi-octobre – et moi travaillons en équipe pour développer et solidifier le cadre de travail relatif aux maladies chroniques de PATH.

Améliorer la sensibilisation sur le fardeau des maladies chroniques dans un pays toujours aux prises avec les enjeux des maladies tropicales et infectieuses, et accroître l’engagement et l’autonomisation des ressources de première ligne demeurent des défis importants pour toutes les parties prenantes, et une responsabilité de taille pour moi.  Néanmoins, cela fait maintenant partie de mon quotidien et je m’y sens parfaitement à l’aise.

En même temps, je réalise aussi qu’il reste bien trop peu de temps à mon PULSE et des sentiments contradictoires m’habitent : rester plus longtemps et avoir hâte de retourner chez moi.

Un bon ami m’a fait découvrir la méditation de pleine conscience (mindfulness) : c’est une méthode efficace pour accueillir le changement de façon positive et pour sortir de sa zone de confort habituelle avec confiance.

Je sais qu’une autre zone de turbulence se profile déjà à l’horizon : retourner au Canada et laisser derrière moi une zone de confort sénégalaise que j’adore. L’attention et la pleine conscience me permettent d’apprécier chaque moment, chaque interaction, chaque journée chaude et ensoleillée, et de naviguer paisiblement dans cette zone de confort tout en accueillant les changements à venir avec confiance.

Voilà, je pense en avoir fini avec le syndrome de la page blanche…