October 03

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Adaptation

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Bon. Pour ceux et celles d’entre vous qui avez lu mon dernier blogue – Explosion – sachez que la poussière est retombée et que j’y vois beaucoup plus clairement.

C’est déjà octobre. Alors qu’à Montréal la température est plus fraîche et moins humide, ici à Dakar, c’est plutôt le contraire. Il fait de plus en plus chaud, et ce sera ainsi jusqu’à la fin octobre, ou peut-être la mi-novembre:  attendez, non, plutôt la mi-décembre.  Vous connaissez le dicton:  ”plus qu’hier moins que demain”.  Ça s’applique tout à fait.

Tout est relatif et le mot d’ordre est:  ADAPTATION.

Si la température est un sujet universel de discussion et de comparaison partout dans le monde, on ne peut en dire autant de la prise en charge des maladies non transmissibles (MNTs).  En effet, il serait mal avisé de vouloir appliquer trop rapidement les approches développées en Amérique à ce qu’on peine encore à faire dans les pays en voie de développement.

Mon travail au sein de PATH consiste, en résumé, au développement et à la mise en place d’un portfolio MNTs, dont l’objectif est le développement des compétences et des capacités qui stimuleront la prise en charge améliorée des MNTs au Sénégal.

De nombreuses études ont démontré que l’Afrique, tout en maintenant la lutte contre les maladies transmissibles et tropicales, fera face à la plus importante hausse de la mortalité causée par les maladies cardiovasculaires, le cancer, les maladies respiratoires et le diabète. Au Sénégal, les autorités de santé ne ménagent pas l’énergie et les efforts pour réduire le fardeau des maladies chroniques. Mais le manque de ressources humaines et financières, de même que les nombreuses priorités, sont des embûches réelles et quotidiennes.

Je suis toujours soufflée par le fait qu’au Sénégal, seulement 20% de la population du pays vit à Dakar, ou sont concentrés près de 80% des services et soins de santé. La pyramide de santé est donc inversée et encore peu adaptée à la prise en charge des maladies chroniques en soins primaires (prévention, diagnostic précoce, traitement, enseignement et auto  prise en charge par le patient). Sans compter le fait que la population du Sénégal ne bénéficie pas d’une couverture universelle de santé.

La comparaison ne tient vraiment pas.

Mais mon Dieu que j’apprend….

Grâce à l’adaptation, je réussis à me sentir plus à l’aise hors de ma zone de confort habituelle…L’environnement, le climat, le rythme:  tout est différent.  J’assouplis et j’adapte ma façon de voir et de réfléchir, et je laisse volontairement derrière les solutions ”qui fonctionnent chez nous”.

Grâce à l’adaptation, j’envisage plus clairement de nouvelles idées ou approches, et de façons de faire.

Et en plus, grâce à l’adaptation, je réalise que je suis meilleure que je ne le pensais à jongler le besoin ”de mettre en place une tactique” et le risque de ne pas réfléchir suffisamment à ”quel est l’impact de le faire ou non”.

Mais surtout, surtout, sans adaptation, jamais je n’aurais pu vivre l’expérience intime, riche, profonde, séculaire, émouvante et privilégiée de la Tabaski (Aïd el Kebir) au sein de ma famille sénégalaise.  J’y ai été accueillie non pas comme témoin étranger  de cette importante fête mais plutôt comme membre de la famille de Djibi, avec son épouse, ses filles, ses parents et toute la famille élargie.  Je n’oublierai jamais ça.

Grâce à l’adaptation, je vis le moment présent.